La poussée dentaire désigne la sortie des dents de lait à travers la gencive. Elle commence vers six mois et se poursuit jusqu’à environ trois ans. Sept bébés sur dix présentent des signes pendant cette période, mais tous ne sont pas dus aux dents, et la fièvre n’en fait pas partie.
✓ L’essentiel
- Calendrier : première dent vers 6 mois, dernière molaire de lait vers 2 ans et demi.
- Fréquence : 70,5 % des bébés présentent au moins un signe pendant l’éruption.
- Signes réels : irritation de la gencive, irritabilité, salivation, besoin de mordiller.
- Pas la fièvre : les méta-analyses ne retrouvent aucune association entre poussée dentaire et fièvre.
Cette dernière phrase heurte l’expérience de beaucoup de parents. Elle a pourtant une conséquence pratique majeure : attribuer une fièvre aux dents fait passer à côté d’une infection. Pour les familles du Val-d’Oise, un dentiste à Cergy reçoit les tout-petits dès les premières dents, sans attendre un problème.
Le cabinet propose une prise en charge adaptée par un dentiste pour enfant. Cet article détaille le calendrier, les symptômes documentés, ce qui soulage réellement et ce qu’il faut éviter.
La poussée dentaire s’étale de six mois à trois ans environ
La première dent, presque toujours une incisive centrale du bas, sort en moyenne vers six mois. La dernière molaire de lait arrive entre deux et trois ans.
Les écarts entre enfants sont considérables. Une méta-analyse portant sur plus de 42 000 enfants situe la première dent entre 6 et 13,5 mois selon les populations.
Fourchette de sortie de la première dent selon les populations, l’éruption étant en moyenne plus précoce chez les enfants européens (Muthu et al., Archives of Oral Biology, 2024)
L’ordre est en revanche remarquablement constant. Incisives centrales du bas, puis du haut, incisives latérales, premières molaires, canines, deuxièmes molaires.
| Dents | Âge moyen d’apparition |
|---|---|
| Incisives centrales inférieures | 6 à 10 mois |
| Incisives centrales supérieures | 8 à 12 mois |
| Incisives latérales | 9 à 16 mois |
| Premières molaires de lait | 13 à 19 mois |
| Canines | 16 à 23 mois |
| Deuxièmes molaires de lait | 20 à 31 mois |
Ces mêmes dents commenceront à tomber vers six ans, dans un ordre qui reprend celui de leur arrivée. Le détail figure dans notre article sur l’ordre de chute des dents de lait.
Sept bébés sur dix présentent des signes pendant l’éruption
Une méta-analyse publiée dans Pediatrics établit une prévalence globale de 70,5 % de signes pendant l’éruption des dents de lait, sur un échantillon de 3 506 enfants de 0 à 36 mois.
Trois signes dominent nettement. L’irritation de la gencive, l’irritabilité et la salivation.
Fréquence de l’irritation gingivale pendant l’éruption, le signe le plus constant devant l’irritabilité à 68,19 % et la bave à 55,72 % (Massignan et al., Pediatrics, 2016)
Une méta-analyse plus récente confirme et complète le tableau. Le besoin accru de mordiller y apparaît comme le symptôme local le plus fréquent, à 65,9 %.
Le besoin de mordiller n’est pas un caprice, c’est un réflexe de soulagement. La pression exercée sur la gencive atténue la sensation de tension provoquée par la dent qui progresse. C’est aussi pourquoi les objets froids fonctionnent bien : le froid réduit l’inflammation locale et engourdit légèrement la zone.
Ces signes restent modérés et transitoires. Ils accompagnent chaque dent sur quelques jours, pas la période entière de trois ans.
Ils concernent les vingt dents temporaires, dont le nombre et le rôle sont détaillés dans notre article sur les dents de lait.
La fièvre n’est pas provoquée par la poussée dentaire
Une méta-analyse dédiée à cette question ne retrouve aucune association entre fièvre et éruption des dents de lait. Le rapport de cotes s’établit à 1,32, avec un intervalle de confiance qui inclut 1.
Traduit simplement : la différence observée n’est pas statistiquement significative. Les dents ne font pas monter la température.
Rapport de cotes entre fièvre et poussée dentaire, intervalle de confiance à 95 % de 0,88 à 1,96, donc aucune association démontrée (Nemezio et al., Int J Clin Pediatr Dent, 2017)
Une nuance mérite d’être signalée pour rester honnête. Dans le sous-groupe où la température était mesurée par voie rectale, une association apparaissait. Les auteurs restent prudents sur son interprétation.
La conséquence pratique ne change pas. Une fièvre chez un nourrisson se traite comme une fièvre, pas comme un symptôme dentaire.
Notre conseil
Devant une fièvre supérieure à 38 °C chez un bébé, ne mettez pas la poussée dentaire en cause. Cherchez une autre origine et consultez, en particulier avant trois mois où toute fièvre justifie un avis médical rapide.
Vous souhaitez en savoir plus ? Notre equipe vous accompagne pour trouver la solution la mieux adaptee a votre situation.
Prendre rendez-vousLe froid et la pression sont les deux leviers qui fonctionnent
Un anneau de dentition réfrigéré, un massage doux de la gencive avec un doigt propre et un aliment froid pour les plus grands couvrent l’essentiel des besoins.
L’anneau de dentition réfrigéré
Placé au réfrigérateur, jamais au congélateur : un objet gelé peut brûler la muqueuse.
Le massage gingival
Un doigt propre, ou une compresse humide, avec une pression ferme et régulière.
Le froid alimentaire
Chez l’enfant qui mange déjà, un morceau de légume froid sous surveillance permanente.
Le nettoyage du menton
La salive irrite la peau, un essuyage doux et régulier prévient les rougeurs.
L’antalgique si besoin
Paracétamol à dose adaptée au poids, sur avis du médecin ou du pharmacien.
Ces gestes ne raccourcissent pas l’éruption. Ils rendent seulement le passage plus confortable.
Plusieurs produits courants sont à éviter
Les gels anesthésiants, les colliers d’ambre et le sucre sous toutes ses formes posent des problèmes documentés, allant de l’inefficacité au danger réel.
| Produit | Problème |
|---|---|
| Gel anesthésiant local | Passage dans la circulation, avalé avec la salive |
| Collier d’ambre | Risque d’étranglement et d’inhalation, efficacité non démontrée |
| Anneau congelé | Le gel dur peut léser la gencive |
| Biberon sucré au coucher | Cause principale de la carie précoce du jeune enfant |
| Sirop ou miel sur la tétine | Même mécanisme, contact sucré prolongé |
Le dernier point mérite d’être souligné. Un contact prolongé avec un liquide sucré, la nuit surtout, provoque des lésions rapides sur les incisives supérieures.
Ce mécanisme est celui de la carie précoce, que la prise en charge des caries et obturations traite d’autant mieux qu’elle intervient tôt.
Notre conseil
Ne trempez jamais la tétine dans quoi que ce soit de sucré, et ne laissez pas de biberon autre que d’eau dans le lit. La salive diminue pendant le sommeil, le sucre reste donc au contact des dents pendant des heures.
Certains signes imposent un avis médical rapide
Une fièvre élevée, une diarrhée importante, un refus alimentaire prolongé ou un abattement inhabituel ne relèvent pas de la poussée dentaire.
La règle est simple à retenir. La poussée provoque une gêne locale, elle ne rend pas un bébé malade.
✓ À retenir
- Fièvre au-delà de 38 °C, quelle que soit sa durée
- Diarrhée ou vomissements répétés
- Refus de boire pendant plus de quelques heures
- Bébé anormalement abattu, difficile à réveiller
- Gonflement de la joue ou de la gencive, avec rougeur marquée
Ces signes orientent vers une autre cause, souvent une infection banale mais qui mérite un diagnostic.
Le brossage démarre avec la première dent
Dès qu’une dent est visible, elle se brosse. Une brosse à poils très souples et une trace de dentifrice fluoré suffisent.
Beaucoup de parents attendent que l’enfant ait plusieurs dents. C’est une occasion manquée : l’habitude s’installe bien mieux quand elle précède la contestation.
Le geste compte davantage que la durée. Une brosse de très petite taille, des poils souples, et un mouvement du rose vers le blanc, de la gencive vers le bord de la dent. Jusqu’à six ans environ, l’enfant n’a pas la motricité fine nécessaire pour être efficace seul, il faut donc systématiquement repasser derrière lui, en particulier le soir.
Cette routine servira bien au-delà de la poussée. Elle accompagnera la phase suivante, celle où les dents définitives arrivent et créent parfois des situations qui surprennent, comme une dent définitive qui pousse derrière une dent de lait.
Questions fréquentes
Non, aucune association n’est démontrée entre les deux.
Une méta-analyse dédiée établit un rapport de cotes de 1,32, avec un intervalle de confiance de 0,88 à 1,96, donc non significatif. Une fièvre chez un nourrisson doit être explorée pour elle-même. L’attribuer aux dents retarde le diagnostic d’une infection.
Vers six mois en moyenne, mais la fourchette normale est large. Les méta-analyses situent cette première dent entre 6 et 13,5 mois selon les populations, avec une éruption plutôt précoce chez les enfants européens. Il s’agit presque toujours d’une incisive centrale inférieure. Un avis se justifie si aucune dent n’est apparue à dix-huit mois.
Non, et ils présentent un risque réel.
Aucune efficacité n’a été démontrée. Le danger, lui, est documenté : étranglement pendant le sommeil et inhalation d’une perle en cas de rupture du fil. Les autorités sanitaires de plusieurs pays en déconseillent l’usage.
Quelques jours autour de la sortie de chaque dent. Les symptômes ne durent pas les trois années complètes de l’éruption. Ils se concentrent sur la période où la dent traverse la gencive, généralement trois à cinq jours. Entre deux dents, le bébé retrouve son état habituel.
Oui, à dose adaptée au poids et sur avis médical.
Le paracétamol reste l’antalgique de référence chez le nourrisson. La dose se calcule au poids et non à l’âge. Demandez confirmation à votre médecin ou à votre pharmacien, en particulier avant six mois.
Dr Joy Bensoussan
Chirurgien-dentiste, Orthodontie & Implantologie | Cabinet Bontemps, Cergy
Dr Joy Bensoussan (RPPS 10100326064), forte de ses 20 ans d'expertise en orthodontie et implantologie, accompagne chaque jour des patients dans les traitements les plus complexes : implants dentaires, greffes osseuses, aligneurs invisibles et chirurgie laser.
Le Cabinet Dentaire Bontemps vous accompagne vers le sourire que vous avez toujours voulu.
Sources citées dans cet article
- Massignan C., Cardoso M., Porporatti A. L., Aydinoz S., Canto G. L., Mezzomo L. A., Bolan M. (2016) — Signs and Symptoms of Primary Tooth Eruption: A Meta-analysis, Pediatrics, PMID 26908659
- Nemezio M. A., de Oliveira K. M. H., Romualdo P. C., Queiroz A. M., Paula-E-Silva F. W. G., Silva R. A. B., Küchler E. C. (2017) — Association between Fever and Primary Tooth Eruption: A Systematic Review and Meta-analysis, International Journal of Clinical Pediatric Dentistry, PMID 29104392
- Garima J., Muthu M. S., Kirubakaran R., Sharma S., Kaur J. (2025) — Global prevalence of teething problems in infants and children: A systematic review and meta-analysis, International Journal of Paediatric Dentistry, PMID 39344021
- Muthu M. S., Nirmal L., Kirubakaran R., Arockiam S., Sakthivel R., Gayathri M., Vaishnavi V. (2024) — Global variations in eruption chronology of primary teeth: A systematic review and meta-analysis, Archives of Oral Biology, PMID 38128337